La Maîtrise du poste des professionnels

La maîtrise du poste désigne le niveau de compétence attendu chez les professionnels. Elle reflète leur capacité à assurer des soins cohérents, sûrs et adaptés aux besoins des patients en toutes circonstances. Dans un contexte où les situations cliniques évoluent rapidement, cette maîtrise devient une condition essentielle à la qualité du travail en équipe et à la continuité des soins. Le tuteur intervient comme soutient des professionnels en développement de compétences. Il les aide à structurer leurs acquis et les guide dans l’appropriation progressive des compétences nécessaires à l’exercice de leurs fonctions et à l’autonomie.

Ce cours pose ainsi les bases permettant de comprendre ce qui compose cette maîtrise et comment les professionnels peuvent y accéder avec l’appui du tutorat. Il s’articule autour de cinq chapitres, chacun illustrant une compétence indispensable au développement professionnel. Le professionnel qui développe ces compétences gagne en assurance, en autonomie et en efficacité.

Les fondements du rôle infirmier constituent la base théorique et professionnelle permettant à l’infirmier d’exercer de manière autonome, responsable et sécurisée. Ils structurent l’identité professionnelle et guident les pratiques quotidiennes.

Le rôle infirmier est défini par le code de la santé publique et le décret de compétences infirmières. Ce cadre précise les actes relevant du rôle propre (initiative de l’infirmier (e)), du rôle prescrit (prescription médicale) et du rôle en collaboration (travail interprofessionnel).

L’infirmier engage sa responsabilité à chaque acte réalisé. La responsabilité peut être civile (dommage causé au patient) ou pénale (infraction à la loi, négligence grave ou de mise en danger d’autrui). La responsabilité disciplinaire relève des instances professionnelles et de l’employeur. La connaissance de ces responsabilités influence la rigueur des pratiques et la qualité de la traçabilité.

Les compétences théoriques forment le socle du raisonnement clinique. Elles regroupent les connaissances indispensables à la compréhension des pathologies, des traitements, des surveillances et du cadre réglementaire. Un soignant qui maitrise les contours d’une pathologie repère plus facilement une décompensation. Un patient insuffisant cardiaque qui prend du poids en quelques jours attire l’attention de l’infirmière qui maîtrise la physiopathologie et sait que cette variation peut annoncer une surcharge. Ces connaissances évitent des erreurs d’interprétation et orientent les décisions.

Les compétences techniques regroupent les gestes quotidiens, les actes de soins dans le respect des procédures. Un infirmier qui refait un pansement complexe en tenant compte de la douleur de son patient, en respectant les règles d’asepsie, en suivant les recommandations du protocole et enfin en faisant une transmission pertinente pour les autres intervenants. Un aide-soignant qui réalise une toilette complète en respectant les règles d’hygiène, d’ergonomie et de prévention du risque.

Les compétences organisationnelles permettent de gérer les priorités et d’assurer la continuité des soins. Elles englobent la planification des soins, la gestion des activités afférentes aux soins et l’anticipation. Un infirmier réorganise sa planification des soins après une intervention dans une situation d’urgence. Cette compétence organisationnelle se retrouve aussi lorsqu’une équipe réorganise les tâches de chaque professionnel en fonction des du profil et les soins des patients.

Les compétences relationnelles influencent directement la qualité du climat social et la communication avec le patient et son entourage. L’infirmier qui écoute et reformule les propos d’un patient anxieux facilite le déroulement du soin invasif, améliore l’adhésion du patient et limite les tensions éventuelles. La demande d’aide et le signalement des difficultés à l’équipe préviennent les erreurs et renforce la cohésion.

La capacité d’adaptation se manifeste chaque fois qu’une situation inattendue survient. Elle permet d’ajuster sa pratique lors de situations imprévues (un changement de prescription de dernière minute, une famille inquiète, un matériel défaillant, un retour précoce du bloc opératoire…) autant de contextes où le soignant ajuste son organisation, son attitude et ses décisions tout en maintenant la qualité des soins et la sécurité du patient.

Conclusion Maîtriser son poste ne se limite pas à connaître les procédures, il s’agit d’une construction globale qui intègre les savoirs, les pratiques, les relations et l’adaptation. Pour le tuteur, cette maîtrise devient un objectif puissant, car elle offre un modèle clair à l’apprenant. En développant ces cinq dimensions, les professionnels contribuent à une prise en charge de qualité.

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